[FEQ] Compte rendu, 9 juillet 2016

Louis-Jean Cormier - Photo : Jacques Boivin

La pluie semble vraiment s’être invitée cette année au Festival d’été de Québec. Heureusement, la météo maussade n’a pas eu raison des festivaliers, qui ont été nombreux à répondre à l’appel (surtout à l’Impérial Bell, plein à craquer). Beaucoup de magie et d’émotion. Compte rendu et photos.

Socalled – Place d’Youville

Socalled - Photo : Jacques Boivin
Socalled – Photo : Jacques Boivin

Socalled est un habitué du Festival d’été de Québec et l’auteur-compositeur-fantaisiste n’a pas perdu un seul instant : le pavé de place d’Youville s’est transformé en une grande zone festive où les festivaliers dansaient, sourire aux lèvres, ce qui a incité notre ami Josh à aller les rejoindre avec son accordéon, l’espace d’un petit moment de bonheur dont lui seul a le secret. Socalled avait aussi emmené avec lui son arme (vraiment pas) secrète, Katie Moore, qui, bien sûr, venait adoucir le groove endiablé imposé par les chansons de Socalled, dont plusieurs de l’éclectique Peoplewatching. On ne pouvait pas manquer ça, évidemment! (Jacques Boivin)

Philémon Cimon – Parc de la Francophonie

Philémon Cimon - Photo : Jacques Boivin
Philémon Cimon – Photo : Jacques Boivin

Un autre qu’on ne pouvait pas manquer, c’est cet ancien de la cohorte 2010-2011 de L’Ampli de Québec, Philémon Cimon, qui est venu nous présenter un extrait fortement efficace de son répertoire, notamment quelques pièces de son dernier album, Les femmes comme des montagnes. Cela ne l’a pas empêché de retourner dans le passé (pas si lointain) et nous offrir une magnifique Moi j’ai confiance, crescendo d’intensité qui fait lever le poil sur les bras. Le public semble avoir beaucoup aimé. (JB)

Safia Nolin – Impérial Bell

C’est à Safia que revenait la tâche d’ouvrir les festivités au sec à l’intérieur d’un Impérial bien rempli. Dès les premières notes, il était évident qu’elle aurait le public de son côté. Elle a livré une performance impeccable marquée par une incroyable assurance. D’ailleurs, ses interventions empreintes d’une timide désinvolture contrastent avec l’aplomb dans sa voix lorsqu’elle chante. Lors de ses interventions, Safia a partagé les péripéties de sa journée riche en émotions, racontant son émouvant « Yum » (cinq dés identiques, je crois…) au jeu du même nom, mais accrochant une auto en tentant de stationner difficilement la camionnette de tournée. Racontées par Safia, ces anecdotes deviennent franchement sympathiques et elles ajoutent beaucoup à l’expérience du spectacle.

La musique quant à elle a été d’une beauté sidérante… Elle a frappé particulièrement fort pendant Technicolor ou Ce Matin qui m’ont fait frissonner. Elle a aussi entonné des reprises de Rihanna et d’Offenbach déclarant tout l’amour qu’elle avait pour le groupe à Gerry Boulet. Si l’apport de Joseph Marchand à la guitare n’est pas indispensable vu la qualité des chansons de Limoilou, il s’avère être un ajout important à son spectacle. Le guitariste est non seulement extrêmement talentueux, il a trouvé une façon d’amener les chansons de Safia encore plus loin. Cette critique pourrait se transformer en longue ode dithyrambique, mais pour faire court, j’ajouterai qu’il ne fait plus aucun doute que Safia Nolin, déjà chouchoutée par ecoutedonc.ca, est maintenant un incontournable de la musique québécoise.

Pour ceux qui l’auraient manquée, vous devrez vous reprendre ce soir sur la scène gratuite devant le parlement. Elle se produira à 18 h 30 entre Maude Audet et Bellflower. (Julien Baby-Cormier)

Peter Bjorn & John – Parc de la Francophonie

Peter Bjorn & John - Photo : Jacques Boivin
Peter Bjorn & John – Photo : Jacques Boivin

La pluie a redoublé d’intensité pendant la prestation de la formation suédoise, ce qui n’a pas empêché les festivaliers de se masser de plus en plus nombreux et de former un immense tapis de ponchos multicolores et dansants. Les Scandinaves sont débarqués sur scène avec un numéro solide où l’intensité grimpait d’un brin à chaque chanson. Peter Morén, le chanteur et guitariste, débordait d’énergie, à un point tel qu’il est allé jouer un peu avec le public! Si le groupe a offert plusieurs chansons de son plus récent album, il a terminé en force avec Young Folks et Object of my Affection, tirant notamment le maximum du système d’éclairage du Parc de la Francophonie. On en a oublié la pluie! (JB)

Tallest Man On Earth – Impérial Bell

Tallest Man on Earth - Photo : FEQ/Sébastien Dion
Tallest Man on Earth – Photo : FEQ/Sébastien Dion

Kristian Matsson, le coeur et l’âme du projet anciennement solo Tallest Man On Earth avait l’air ravi d’être présent à Québec. Il a débuté le spectacle avec des compositions issues principalement des deux derniers albums sur lesquels la présence de musiciens change drastiquement le son intimiste de ses deux premiers albums. En comparaison avec l’unique fois où j’ai assisté à une de ses performances (entièrement solo), la magie n’opérait pas autant. C’est lorsque les musiciens, avec qui Matsson a peu d’interactions, quittent (enfin?) la scène que tout le talent du Suédois se déploie. Il a alors livré de superbes versions de Love Is All, de sa nouvelle composition Time of the Blue (qui laisse présager un retour au son épuré qui sied si bien à Matsson) et de quelques autres ballades issues des premiers albums. Les musiciens sont ensuite revenus soutenir le chanteur qui a poursuivi son bon travail sans toutefois captiver autant la foule que lors du segment solo. Il manquait donc un petit quelque chose qui tend à prouver que, parfois, moins c’est mieux. (JBC)

Louis-Jean Cormier – Parc de la Francophonie

Louis-Jean Cormier - Photo : Jacques Boivin
Louis-Jean Cormier – Photo : Jacques Boivin

En point de presse, le bon vieux Louis-Jean nous avait promis un spectacle comme celui qu’il avait fait aux Francofolies, la scène remplie de musiciens trop heureux de partager avec nous la passion pour les beaux mots et la belle musique. En plus de ses complices habituels (Chartrain, Pedneault, Larocque), Louis-Jean a fait le voyage avec Antoine Gratton, Alex McMahon, des cuivres et un trio de choristes.

Au lieu de la folk-pop habituelle des deux albums solos de Cormier, le public s’est fait servir une leçon de soul chaleureuse et contagieuse où on sentait la main de McMahon et Gratton un peu partout, au grand plaisir de l’auteur de ces lignes.

Louis-Jean Cormier - Photo : Jacques Boivin
Louis-Jean Cormier – Photo : Jacques Boivin

Le spectacle a commencé tout petit avec un Louis-Jean seul, vêtu d’un complet gris top classe (le veston a pris le bord assez rapidement), qui est venu s’installer seul au piano quelques instants. C’est un Cormier souvent libéré de sa guitare qui a continué le spectacle en dansant comme il l’a rarement fait.

Malgré le grand nombre de musiciens sur scène, Cormier et ses complices n’ont jamais poussé l’exercice trop loin. Jamais on a senti qu’il y avait trop de punch dans les chansons, même dans des chansons d’ordinaire plus calmes (Le jour où elle m’a dit je pars).

Louis-Jean Cormier - Photo : Jacques Boivin
Louis-Jean Cormier – Photo : Jacques Boivin

En plus de la musique, Louis-Jean n’oublie jamais de célébrer les mots. Pour l’occasion, il a invité le slammeur David Goudreault à agrémenter les chansons de Cormier de quelques lignes (toujours archi-pertinentes) de son cru. Ajoutez à cela les mots de Miron (Au long de tes hanches, chantée en gang autour d’un micro, Louis-Jean Style) et vous avez un parterre de ponchos ravis.

Évidemment, la dernière partie du spectacle, qui comprenait une énième version de La cassette, plus explosive et pertinente que jamais, a permis à Cormier de terminer la soirée sous des applaudissements nourris. (JB)

Debauche – Impérial Bell

Debauche - Photos : Jacques Boivin
Debauche – Photos : Jacques Boivin

Après de longues tergiversations avec moi-même, encore affligée par mon attente infructueuse pour voir Safia Nolin et The Tallest Man on Earth, j’ai décidé vers 11 h 30 de tenter de regagner l’Impérial Bell ne serait-ce que pour faire connaissance avec Debauche, groupe dont j’ignorais l’existence même avant de voir leur nom à l’horaire du FEQ.

Il n’a suffit que d’un pas dans l’arène pour oublier mon taux d’humidité, ma déception préalable et mon état avancé de fatigue et, du même fait, constater la dangerosité relative du plancher de danse rendu glissant et/ou collant par les cabrioles alcoolisées des vaillants amateurs de gipsy folk-punk présents. Comme on dit par chez nous, le party était déjà pogné dans ‘place, pis pas à peu près!

J’ai eu la preuve que le corps humain est programmé pour réagir par le mouvement aux rythmiques est-européennes du genre de celles offertes par la bande de plus-que-joyeux fêtards sur scène; j’ai pu observer des ondulations mystiques, des sauts, de la danse lascive, des gigues, du French cancan et bien d’autres pas déjantés difficiles à catégoriser. Il est effectivement impossible – même à jeun – de demeurer immobile quand s’harmonisent sur scène contrebasse, violon et accordéon, sans oublier une voix qui rappelle celle du mythique chanteur de Gogol Bordello. Bref, si vous vouliez canaliser votre surplus d’énergie ou oublier vos soucis et le temps maussade d’hier, c’était l’endroit rêvé. (Tatiana Picard)

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