[ALBUM] We Are The City – « Above Club »

wearethecity1J’admire les bands qui font les choses différemment, les bands qui ont une idée fixe et qui l’exploitent à fond, sans peur de secouer les oreilles sensibles. Cependant, ceux que j’admire d’avantage sont les groupes qui se permettent de renouveler constamment l’idéologie de leur propre musique. Malheureusement, l’industrie de la musique n’étant plus ce qu’elle était, ces bands sont souvent contraints à ne se fier qu’à eux-mêmes pour concrétiser leurs idées un peu marginales. C’est pourquoi je n’ai pas été surpris d’apprendre que le dernier album de We Are The City a été entièrement auto-produit, à l’Est de Vancouver, dans l’entrepôt d’un bike shop.

Composée de Cayne McKenzie à la voix et aux claviers, de David Menzel à la guitare et d’Andrew Huculiak à la batterie, la formation dévoilait vendredi leur troisième album: Above Club. Depuis quelques semaines, on pouvait avoir un avant-goût de ce que le groupe allait nous balancer: en septembre dernier, le trio nous a dévoilé Keep On Dancing, le troisième titre du disque. Avec Above Club, on a droit à quelque chose de plus lourd que précédemment: des percussions imposantes, des voix sales et perdues dans un écho qui donne un ton un peu psychédélique à l’album.

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Take Your Picture With Me While You Still Can ouvre le disque d’une façon intéressante. La chanson commence avec un synthétiseur perçant qui laisse rapidement place à des accords de piano, une batterie timide et une ligne de voix très mélodique. On se laisse rapidement bercer par la rythmique simple et la voix inspirante de McKenzie puis, quand on pense avoir une idée de la pièce, Huculiak nous prend de court avec un drum violent à souhait qui en transforme complètement l’esthétique. Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris et que j’ai compris que j’avais affaire à un groupe qui voulait en mettre plein les oreilles.

C’est avec Sign My Name Like Queen que l’album atteint l’apogée de sa lourdeur. Dans cette pièce, aucun instrument n’échappe à la distorsion. On se trouve devant un véritable mur de son, sans aucun répit, pendant les deux minutes complètes de la chanson. C’est ce qu’on appelle «court mais efficace».

Pour ceux qui connaissaient déjà We Are The City, les titres Cheque Room et Lovers In All Things vous ramèneront en terrain connu. En effet, ils rappellent un peu ce que la formation nous avait offert avec Violent, leur album précédent. On y retrouve des rythmiques plus saccadées et des structures plus éclectiques. De plus, si l’on compare au reste de l’album, la guitare et la voix ont davantage d’espace.

Club Music nous livre un moment instrumental qui est vraiment bien fait. On y exploite encore des percussions massives, mais, cette fois-ci, on y juxtapose des chants et des synthétiseurs planants et lointains. Le tout donne l’effet réussi d’une musique ambiante qui a bien du caractère.

Les titres Heavy As A Brick, Keep On Dancing et Kiss Me, Honey, quant à eux, se veulent plus accessibles, avec des structures plus standards. Je n’ai toutefois pas l’impression qu’elles ont été moins travaillées. À vrai dire, je trouve que ces pièces sont les plus efficaces sur le disque — leurs mélodies reste en tête et leurs arrangements sont fignolés dans les moindres détails.

Le nouvel album de We Are de City est très bien fait. Les gars ont su renouveler leur son et pousser l’audace jusqu’au bout. Par contre, écouter l’album d’un bout à l’autre peut sembler redondant, surtout si on l’écoute en musique de fond. Les percussions, presque toujours dans le tapis, peuvent finir par agacer l’oreille. À l’inverse, quand on porte attention à chacune des pièces, leurs détails nous gardent à l’écoute. Elles donnent un album qui a un son bien à lui et qui est cohérent d’une chanson à l’autre.

Pour l’instant, aucune date de spectacle n’est annoncée pour le Québec. On reste à l’affût!

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