[SPECTACLE] Suuns et Jerusalem in my heart – Communion psychédélique

Photos : Catherine Bélanger 

Revenant d’une tournée européenne, on a bien senti la symbiose des Suuns et de Jerusalem In my heart (JIHM) lors de ce spectacle très spirituel et expérimental.

Sans crier garde, c’est Radwan Ghazi Moumneh qui ouvre la cacophonie avec seulement sa voix comme instrument, tel un religieux qui chante une prière. Suuns le rejoignent un à un sur scène avec un rock lourd, grave. On sort de cette introduction avec  des guitares plus vives et un jeu de distorsion avec les amplis pour ensuite retourner dans les abysses de boucles psychédéliques.

Un module (qui prenait ¼ du parterre) portait trois projecteurs de film 35 mmm (cinéma). Ces derniers diffusaient beaucoup de textures abstraites parfois rouge parfois noir, de l’hébreu ou encore un port qu’on devine être de la terre sainte. Ces projections étaient vraiment un atout majeur dans la mise en scène, à défaut d’avoir de l’interaction des membres avec le public, elles nous permettaient d’avoir des éléments de voyages dans notre transe musicale.

Une musique instrumentale organique avec des boucles lourdes en basse, en distorsion, ponctuée d’une cymbale saccadée par quatre baguettes de façon continue, nous fait perdre la notion du temps. La voix de Radwan élève notre âme. Quand le chanteur des Suuns se joint aux voix avec JIMH, c’est l’apothéose spirituelle.

Seuls quelques rires près du bar ou le bruit des projecteurs nous font sortir de notre rêverie. Le public était d’une rare attention (comme au concert de Colin stetson and Sarah Neufeld en juin dernier). Mais pour certains, les boucles devaient être trop assommantes et ils ont préféré quitter plus tôt. Pour d’autres c’était l’occasion de se faire porter par l’ivresse ou la mélancolie.

Jerusalem in my heart

C’était l’occasion de se familiariser avec la culture moyen-orientale. Son interprète nous entonnait des chants arabes sur un instrument traditionnel (petite guitare avec un long manche). Les tonalités de ce dernier étaient mêlées à des distorsions électroniques psychédéliques. Comme les pièces sont très complexes et expérimentales, il était difficile de reconnaître s’il y en avait du dernier album. Une expérience spirituelle très intéressante résumerons nous.

Jessica Moss

La membre de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra est venue se présenter en annonçant qu’elle nous offrait une prestation « d’environ 24 minutes » avec son violon. Elle enregistrait des boucles en live, les répétaient et jouait sur des distorsions. Seulement éclairée avec une mini lampe de chevet – qui a dû faire rager la photographe) –, on avait à garder l’attention dans cette pénombre. Les petites erreurs techniques et le manque de progression suffisaient pour nous faire décrocher.

Par Alice Beaubien

Successivement graphiste, journaliste et directrice du Journal Le Phoque au Cégep Limoilou entre 2012 et 2015, Alice s'est joint à l'équipe d' Écoutedonc.ca pour parler de la musique émergente de Québec. La grande française vous est peut-être familière si vous étiez un habitué du Café étudiant de ce Cégep.

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