[ALBUM] Cabadzi – Des angles et des épines

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Cabadzi Des angles et des épines (SPACE / L’Autre Distribution)

Lentement, mais sûrement, la francophonie semble reconnaître le potentiel artistique de la musique rap. De plus en plus de jeunes blancs, francophone, élevés avec Eminem, LMDS et Wu-Tang, tentent l’expérience et désirent (re)donner ses lettres de noblesse à un style musical fondamentalement mal-aimé (surtout par les Québécois) qui sont beaucoup trop obsédé par la verve (YÉ OÙ LE PROCHAIN DÉDÉ FORTIN, HEIN ? Y’EST OÙ CALVAIRE!). Dans ce contexte, Cabadzi offre Des angles et des épines, leur second opus qui sort aujourd’hui.

C’est toutefois un effort honnête, sans plus. En effet, Cabadzi tente l’expérience du rap instrumental avec un certain panache, certes, mais l’aspect rap nécessite une amélioration. On voit un travail élaboré sur le plan de l’instrumentation, via une très orchestrale Féroces Intimes ou, la très « chaude » (oui, oui, j’utilise ce qualificatif) Cent fois où la guitare et les handclap se marient à merveille pour nous offrir une instru beaucoup plus groovy et lumineuse dans un album très sombre, où les thématiques des diverses chansons sont un peu répétitives.

En fait, le principal défaut de cet album est l’entretien de clichés par rapport au rap francophone. Beaucoup de paroles centrées autour de la plainte, une poésie malhabile, mais intéressante pour tenter de toucher le créneau du « rap conscient ». Le MC a beaucoup de difficultés à rider les beats, qui sont en général bien construits. En fait, il peine à se démarquer puisqu’il maîtrise mal son instrument : son flow se rapproche beaucoup plus du slam, en fait et je crois fermement que, compte tenue de la qualité musicale, le style ne peut s’imposer.

Par contre, comme je l’ai dit (au moins milles fois), nous avons affaire à de bon musiciens qui maîtrisent bien leurs instruments (même si le beatboxer est superflu). On tente d’intégrer plusieurs styles, imiter le sampling, à quelques occasions (dope échantillonnage sur Nous sommes deux femmes, d’ailleurs). Le tout me fait vaguement penser à Flobots dans la démarche.

Mais, au final, l’effort est honnête et l’album reste un offre intéressante dans le paysage rap francophone. On voit que Cabadzi traite le tout comme de l’art et non comme une vulgaire parodie. Les puristes y trouveront leur compte!

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