Critique : Hôtel Morphée – « Rêve américain »

Hôtel Morphée Rêve américain (Audiogram)

Hôtel Morphée
Rêve américain (Audiogram)

Bon, enfin, une semaine après tout le monde, j’ai quelques minutes pour vous parler du nouvel opus d’Hôtel Morphée, Rêve américain.

Avec leur premier album complet, Des histoires de fantômes, les membres d’Hôtel Morphée avaient montré leur capacité de créer des ambiances, des moods, un peu à la manière d’autres groupes de multi-instrumentistes talentueux qu’on a vu poindre depuis le début de la décennie. Paru au début de l’été, le premier extrait de Rêve américain, l’excellente Dernier jour, montrait que la bande menée par Laurence Nerbonne était capable d’évoluer, de dépasser ses propres limites et de créer de maudites bonnes chansons qui ne se contentent plus d’installer des ambiances.

Tout ce qu’on pouvait espérer, c’était que le reste de l’album soit taillé dans le même roc. Dès les premiers instants de Rêve américain (la pièce-titre), on respire : on a affaire à du solide. Laurence Nerbonne est particulièrement en verve et en voix. Les paroles sont sombres, mordantes, à l’image de cette Amérique peinte en rouge et en noir. Les musiques sont clairement moins orchestrales qu’auparavant, mais elles ne manquent pas de punch.

Les violons sont toujours très présents, mais ils laissent une plus grande place aux claviers (Blaise Borboën-Léonard, qui violonne et touche à tout), aux guitares (André Pelletier), bien senties, et à la batterie (Stéphan Lemieux), plus rythmée que jamais. La réalisation de Philippe Brault est soignée, et on évite les pièges de la sur- (et de la sous-) production.

Je dois avouer que la première écoute m’a laissé un peu sur mon appétit. Puis après deux ou trois autres lectures de l’album, j’ai fait joué à répétition des pièces comme Psycholove (une histoire d’amour entre psychopathes) et Des milliers de gens (une vraie bombe). Au fil des écoutes, j’en suis venu à une drôle de conclusion : et si Rêve américain était l’album qu’on attendait en vain depuis des années de la part d’un groupe de pop indé comme Metric? Ce n’est pas comme si le groupe n’assumait pas son désir de traverser les frontières avec sa musique!

Même Je reviendrai et son usage de l’autotune (qui m’horripile quand je m’en rends compte) se glisse sous ma peau et titille mes neurones comme peu de chansons du genre l’ont fait ces dernières années. Et cette Petite mort, qu’on souhaite remixée pour l’entendre pendant des heures, elle fait mal? Pas grave, on en veut encore!

En quelques mots, Rêve américain aura dévoilé un Hôtel Morphée plus mordant, plus caustique, plus sale, mais vachement plus sexy. L’attente en a valu la peine. Rêve américain ne se contente pas de frapper la cible, il la défonce.

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