Critique : St. Vincent – « St. Vincent »

Après un disque enregistré en collaboration plus que fructueuse et réussie avec David Byrne, qui l’aura influencée plus qu’elle ne voudra l’admettre, nous avions hâte de voir ce qu’Annie Clark allait nous réserver. Jusqu’à maintenant, on peut dire que la jeune rockeuse a fait un parcours sans faute. Aura-t-elle été capable de maintenir la cadence?

St. VincentLa réponse vient dès les premières mesures de Rattlesnake, qui raconte une expérience où elle s’est déshabillée en plein désert pour ensuite voir un serpent à sonnettes. Le rythme de la séquence du synthé est typique, Clark ne perd pas de temps et se met à chanter. Oh, ce que le travail avec Byrne a été bénéfique! En une chanson, le ton est donné et mes oreilles sont vraiment excitées.

Tout au long des 41 minutes que dure l’album, Annie Clark s’amuse avec nos neurones en nous balançant des chansons pop et rock aux rythmes et aux sonorités variées. On aime le mordant de Birth in Reverse, la douceur de Prince Johnny, et l’explosion rock aux deux tiers de Huey Newton. Digital Witness, le deuxième simple, est toujours une des meilleures chansons pop que vous aurez entendues dans les dernières années.

En passant, écoutez attentivement Clark chanter sur Digital Witness. C’est du bonbon. Premièrement, sa voix est superbe. Assurée. C’est presque de l’opéra rock. Sur I Prefer Your Love, c’est tout le contraire. Clark chante bas, tout doucement. C’est tendre. On ne la savait pas si délicate. Surtout que Regret attend derrière. Et que Bring Me Your Love va vous sauter au visage ensuite. Ça égratigne, la voix monte, les synthés sont lourds, le rythme accroche le pied (et le bassin, si vous avez le bonheur d’être debout). Souffle coupé. Je peux prendre un petit break?

Ça tombe bien, Psychopath commence plutôt doucement et prend des allures de chansonnette pop. Puis embarque le refrain, on s’envole encore. C’est à coups de Ah, ha! que Clark nous séduit, cette fois-ci. Après une autre excellente pièce pop en Every Tear Disappears, Clark rechante la fin du monde dans Severed Crossed Fingers (ça a l’air de faire mal).

Sur St. Vincent, Annie Clark est féminine sans être frêle. Sans artifices, avec son air faussement diva cachant une déesse de la guitare dotée d’un talent fou, elle est sexy sans même chercher à l’être. Elle est originale sans avoir l’air folle. Et elle est unique tout en demeurant naturelle.

Le pire, dans tout ça, c’est qu’elle ne semble même pas avoir atteint le meilleur de sa forme.

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Ma note :
9/10

St. Vincent – « St. Vincent » (Loma Vista/Republic)

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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