Festival d’été de Québec – Compte-rendu : Jour 5

Vous avez aimé votre soirée sur les Plaines? Paraît que Bruno Mars, c’était bon et que la belle Ellie, dont je vous parle en bien depuis si longtemps, a bien fini une prestation qui avait plutôt mal commencé. Tant mieux. Paraît qu’Amadou et Mariam vous ont fait bouger à Place d’Youville? Yé! Et paraît qu’Austra vous a envoûtés avec sa voix incroyable. Good.

Mais vous avez manqué LE party du Festival, ma gang de vous autres! Lisa LeBlanc a littéralement électrisé un Parc de la Francophonie déjà gonflé à bloc par les prestations complètement déjantées de Keith Kouna et de Bernard Adamus. Le match a été parfait du début à la fin et ce qui devait être une belle soirée de folk francophone aux divers accents s’est transformé en consécration pour la jeune Acadienne.

Pour ouvrir le bal, Keith Kouna, ancien membre des Goules, est venu réchauffer ses pigeons et pigeonnettes. Il y a vraiment quelque chose qui se passe avec ce gars-là présentement et ça se sent. Le Pigeonnier était déjà plein aux trois quarts et il y avait beaucoup de fans de Kouna dans la foule. Dès les premières secondes de Tic Tac, qui ouvrait le bal d’une façon déchaînée à souhait, la foule s’est mise à danser, à sauter, à taper des mains, à crier. Un mosh pit s’est formé à quelques mètres de moi. Ça surfait sur la foule. TOUT ÇA DÈS LA PREMIÈRE CHANSON DE LA TOUTE PREMIÈRE PARTIE!

Pas de panique a suivi, toujours dans le même esprit hybride punk-chanson française qui caractérise si bien Kouna, une bête de scène qui nous a tous mis dans sa petite poche. Même ses moments plus tendres (douce Batiscan, tranquille Labrador) étaient remplis d’intensité.

Fait inusité, il y a eu un rappel pour Kouna. Ça arrive rarement aux premières parties.

Même si Kouna a terminé cinq minutes plus tard, Adamus s’est pointé vers 20 heures, l’air d’avoir fait un gros powernap précédé de quelques grosses bières pas toujours frettes. On a toujours l’impression qu’il va nous livrer la pire performance de sa vie jusqu’à ce qu’il prenne sa guitare et se mette à jouer. Là, tout à coup, le gars change complètement et devient une bibitte folk-blues sans égal au Québec. Encore là, le public était déchaîné et déjanté, s’appropriant les textes sombres d’Adamus et les chantant à tue-tête. Puis arriva Brun. Le party est vraiment pogné au Pigeonnier, mais là VRAIMENT pogné. La visite surprise de Lisa sur la scène a peut-être un peu contribué.

Fait inusité, il y a eu un rappel pour Adamus. Ça arrive rarement aux deuxièmes parties.

Ne restait plus que la vedette de la soirée, le joyau de Rosaireville (take THAT, Rogersville), la magnifique Lisa LeBlanc, qui a commencé sur les chapeaux de roues avec J’pas un cowboy. La foule, déjà gonflée à bloc, a explosé et le party a continué avec Motel, qu’on a tous chantée en choeur, et Cerveau ramolli, encore plus rock que d’habitude. Parce que voilà. Lisa LeBlanc a beau se définir comme folk-trash, c’est vraiment une rockeuse dans l’âme. Suffit de la voir jouer de son banjo (non, Lisa, ça ne t’enlève aucun point) comme si c’était la dernière veillée de l’humanité pour s’en rendre compte.

L’accueil du public a visiblement ému, voire bouleversé Lisa, qui a eu les larmes aux yeux plus d’une fois, surtout en interprétant Lignes d’hydro, chanson douce, mais intense, que j’adore. J’ai pleuré avec toi, Lisa.

Deux nouvelles chansons en anglais plus tard (dont la TRÈS intense You Look Like Trouble, But I Guess I Do Too, qui fait passer Marcus Mumford pour un chanteur de chorale), le public était prêt à vivre d’autres grands moments. Par exemple, une reprise d’Ace of Spades, de Motorhead. Yep, y’a eu du metal au Pigeonnier pour une deuxième soirée de suite. Dans les dents, les détracteurs!

Bernard Adamus et Keith Kouna ont rendu la pareille à Lisa en montant sur scène pour chanter Aujourd’hui, ma vie, c’est de la marde. Inutile, parce que nous, dans la foule, on vous a TOUS enterrés. Non, mais quel hymne fédérateur!

On en aurait pris encore longtemps, je crois. D’ailleurs, après le rappel, on était encore tous là, à en demander plus. C’est une Lisa LeBlanc émue en maudit, mais un peu gênée, qui est venue nous dire qu’elle n’avait plus de matériel. Vivement un deuxième album pour avoir un plus long show! 🙂

Une de mes plus belles soirées de spectacle à vie. À classer avec Patrick Watson l’année dernière ou Passion Pit en 2010.

TAKE THAT, ROGERSVILLE!

On se connecte plus tard pour le menu du jour. Paradis de l’Indie ou reprises absurdes? Et n’oubliez pas, je sévis aussi sur Twitter (@ecoutedoncca).

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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