Critique : Feist « Metals »

Vous avez ce rendez-vous avec une femme superbe, que vous avez déjà vue à quelques reprises. Les premiers rendez-vous étaient particulièrement réussis et vous avez trouvé un grand nombre d’atomes crochus avec la femme en question. Tout d’abord, elle était d’un naturel désarmant, ce qui est plutôt rare de nos jours. Vous avez apprécié sa douceur, qu’elle soit sérieuse ou qu’elle montre sa joie de vivre. Et quelle joie de vivre! Elle était fan des Bee Gees, aimait bien les marionnettes de Sesame Street et n’hésitait jamais à faire quelques pas de danse sur le tapis roulant de l’aéroport. Toutes les couleurs, les plus vives comme les plus neutres, lui allaient bien. On n’a même pas commencé à parler de sa passion!

On comprendra donc que ce rendez-vous imminent, vous l’attendez depuis longtemps. Votre coeur commence à battre un peu plus vite, un peu plus fort. Votre souvenir des premiers rendez-vous est si positif, si intense, vous ne voulez pas être déçu. Surtout pas.

Elle vous joue un tour. Elle arrive un petit peu plus tôt que prévu. Vous la voyez dans le judas de la porte. Elle est tout simplement magnifique. Elle s’est habillée d’une manière assez sobre, mais malgré tout, elle est d’un chic fou. Vous ouvrez et lui souriez timidement. Elle retourne votre sourire avec l’assurance de celle qui en a vu d’autres. Malgré tout, vous remarquez que quelque chose a changé chez la jeune femme. Un brin de mélancolie teinte son regard et ses propos, qui sont pourtant toujours lancés avec autant de passion et de vigueur. On sent chez elle une fragilité qu’elle cachait bien auparavant.

Vous prenez vos affaires, et vous sortez. Vous marchez, main dans la main. Elle se dévoile, elle se raconte, elle se met à nu. Malgré cette mélancolie qui entoure ses paroles, impossible de faire semblant de ne pas voir sa chaleur. Elle est là, elle est tout près, vous pouvez sentir son souffle. Ce petit bout de perfection appuie sa tête sur votre épaule et vous êtes bouleversé.

Malgré cette mise à nu, elle ne tombe pas dans l’indécence gratuite. Ce qu’elle veut, c’est votre coeur. Elle l’a depuis longtemps, mais là, elle va l’avoir pour un bon bout de temps.

Vous la prenez dans vos bras et vous dansez, seuls, dans la pénombre, au milieu de nulle part. Bien que la nuit soit fraîche, vous ressentez cette flamme qui brille et réchauffe vos coeurs. Vous aimeriez que ce moment s’étire, qu’il ne se termine jamais. Heureusement, votre baladeur est muni d’une touche répétition. Vous allez en avoir besoin au cours des prochains jours.

Écouter How Come You Never Go There :
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Feist – « Metals » (Arts and Crafts)
(en vente le 4 octobre prochain – en spectacle le 3 décembre au Métropolis de Montréal, le 5 décembre au Centre national des arts d’Ottawa et le 6 décembre au Grand théâtre de Québec)

On donne :

(9/10)

Remarque : J’aimerais demander pardon à tous mes lecteurs qui préfèrent une critique claire et nette. Mais bon, vous comprendrez que je perds un peu mon sens critique quand il s’agit de Feist. Fallait que je dise les choses autrement. 🙂

Une réponse à “Critique : Feist « Metals »”

  1. Julie dit :

    Hum… ça pique la curiosité plus qu’autre chose, cette critique! Pas le choix d’écouter l’album maintenant.

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