Critique : Artistes variés « Muppets: The Green Album »

Pour faire différent, je vais vous parler d’un disque sur lequel figurent des artistes connus qui reprennent des chansons connues d’une émission de télévision archi-connue en vue de faire la promotion d’un film attendu produit par un des plus gros studios de cinéma au monde! Ça va faire changement de l’indé!

Reconnaissez-vous cette grenouille? C’est la grenouille la plus célèbre du monde! Bien entendu, je parle de Kermit, la grenouille qui a fait connaître le Muppet Show à la fin des années 1970. Pour les 4 ou 5 personnes qui ne connaîtraient pas, le Muppet Show était un théâtre de marionnettes destiné tant aux enfants qu’aux adultes. C’était drôle, c’était absurde et les personnages étaient attachants. Surtout, comme l’émission était montée de la même manière qu’un spectacle de cabaret, il y avait souvent des chansons.[mp3j track= »Sondre Lerche – Mr. Bassman@07-Mr.-Bassman.mp3″ flip=y]

Après la mort de Jim Henson, les droits ont fini par tomber dans les mains de Disney. La société californienne en profitera cet automne pour lancer un film dont les Muppets seront les vedettes. Pour nous faire patienter, on nous donne ce petit bonbon, un album de reprises enregistrées par des artistes et des groupes couvrant pas mal tous les horizons du rock d’aujourd’hui tels que OK Go, Weezer, Hayley Williams (Paramore), The Fray, My Morning Jacket, Alkaline Trio, Amy Lee (Evanescence), Sondre Lerche, the Airborne Toxic Event, Brandon Saller (Atreyu), Billy Martin (Good Charlotte), Andrew Bird, Matt Nathanson et Rachael Yamagata.

Oui, ça râtisse large de même! Cependant, personne ne subit un mauvais casting. J’ai beau ne pas être un grand fan de OK Go, leur relecture de la chanson thème du Muppet Show est tout à fait réussie. D’ailleurs, le vidéoclip qui accompagne la chanson est fichtrement bien réussi, lui aussi, et capte bien le côté un peu fou de l’émission.

De même, l’idée de réunir Weezer et Hayley Williams (la chanteuse de Paramore, les jeunes!) pour chanter Rainbow Connection était excellente. Les voix de Rivers Cuomo et de Williams se marient à merveille. Quant à The Fray, qui reprend Manah Manah, on voudrait bien leur reprocher leur manque d’originalité, mais leur interprétation de ce grand classique (qui comprend les éloignements et les rapprochements du micro) est d’une précision d’horlogerie. Après les trois accords obligatoires d’Alkaline Trio, c’est au tour de My Morning Jacket de s’amuser avec Our World. Jim James et sa bande se sont littéralement réapproprié la chanson, qui n’aurait pas détonné sur leur plus récent album, Circuital.

Amy Lee (oui, oui, la pseudo-gothique d’Evanescence) suit avec une version tout en douceur de Halfway Down the Stars. Sondre Lerche nous offre une version de Mr. Basseman qui fait disparaître les nuages et apparaître le soleil. Chose certaine, on tape du pied et après quelques écoutes, on accompagne Lerche dans ses bam-bam-bam-boom! C’est le meilleur moment de l’album, surtout qu’il est suivi par un autre moment fort, soit l’excellente Wishing Song de The Airborne Toxic Event. Trop courte.

Brandon Saller et Billy Martin, d’Atreyu et Good Charlotte respectivement, reprennent Night Life en rockant virilement. Pour fans finis seulement. Ensuite, Andrew Bird réussit à nous tirer une larme avec Being Green, une chanson sur les inconvénients de la verdeur. Pour fermer la marche, soulignons la très piano-voix I Hope That Somethin’ Better Comes Along par Matt Nathanson, et I’m Going To Go Back There Someday, par Rachael Yamagata.

Rien ne sert de parler de cohésion, de fil conducteur et d’homogénéité pour cet album : il n’y a rien de tout ça. On a plutôt affaire à une compilation hétéroclite de reprises de chansons associées à l’univers de Jim Hanson et produite par Disney, qui tente toujours de plaire au plus grand nombre. Heureusement, même s’il y a quelques moments moins agréables pour l’humble critique que je suis, il faut reconnaître qu’on a tenté de trouver un dénominateur commun autrement qu’en nivelant par le bas. Les artistes sont bons, leurs interprétations sont intéressantes même si elles ne sont pas toujours inventives et dans l’ensemble, une fois passé l’effet nostalgie (obligatoire en l’espèce), il reste des bonnes petites tounes qui s’écoutent sans efforts.

Maintenant, on peut craindre le pire pour le film.

Artistes variés « Muppets: The Green Album » (Walt Disney Records)

On donne :

(7/10)

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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