Critique : Wolf Gang « Suego Faults »

Wolf Gang, c’est le nom du groupe de Max McElligott, un jeune Londonien résolument tourné vers la scène indie pop new-yorkaise et qui nous a offert, ces derniers jours, un premier opus remarqué chez les Britanniques, le très, très pop Suego Faults.

Soyons honnêtes : McElligott ne réinvente pas la roue avec cet album, loin de là. On trouve des traces de MGMT, de Passion Pit et de nombreux autres groupes aux synthés rêveurs et à la voix haut-perchée sur presque toutes les pièces. Il faut toutefois avouer que malgré ce manque d’originalité, Suego Faults est, sauf quelques exceptions, un album pop extrêmement efficace, très actuel, qui cadrerait dans les listes de lecture d’un grand nombre de hipsters new-yorkais tout en gardant un sens mélodique aigü dont seuls les Britanniques ont le secret.

En fait, si on oublie la très mièvre pièce titre, une ballade à mourir d’ennui qui nous donne très rapidement le goût de passer à la chanson suivante, McElligott et ses musiciens nous offrent plus de 45 minutes de pop bonne à taper du pied et à hocher de la tête, et ce, dès la première chanson, la très entraînante Lions in Cages, qui reflète très bien ce qui nous attend. Something Unusual, commence beaucoup plus lentement, mais sa mélodie et son rythme groovy ne sont pas sans rappeler quelques pièces de Passion Pit, ce qui est loin d’être un défaut. [mp3j track= »Wolf Gang – The King and All of His Men@05-The-King-And-All-Of-His-Men.mp3″ flip=y]

The King and All of His Men constitue un des moments forts de l’album. Il s’agit d’une chanson extrêmement vitaminée qui en fera danser plus d’un un peu partout dans le monde. À l’inverse Midnight Dancers est une ballade on ne peut plus classique, qui rappellera à plusieurs les slows qu’on dansait avec nos copines en secondaire III (oui, oui, alors qu’on descendait subtilement vers leurs fesses, qu’on les caressait rapidement, et qu’on remontait rapidement, de peur de se faire prendre par un surveillant… désolé, je suis d’une autre génération). À l’écoute de cette chanson, suffit de fermer les yeux pour voir les couples collés sur la piste de danse, éclairés par les éclats de lumière de la boule disco. Ouf, nostalgie! Ça semble quétaine, mais croyez-moi, c’est un moment de pop bonbon comme on n’en n’a pas entendu depuis au moins… 3 semaines!

Pour les quelques dernières chansons de l’album, Wolf Gang prend un virage plutôt étrange : les chansons sont maintenant influencées par David Byrne et les Talking Heads, en particulier la dernière, Pieces of You, où McElligott joue avec sa voix et avec les rythmes d’une manière que Byrne lui-même n’aurait pas reniée.

En terminant, comme je le disais plus haut, chacune des treize chansons (sauf une) a de quoi plaire. Dans l’ensemble, Suego Faults s’écoute très agréablement et constitue une jolie carte de visite pour un jeune artiste plein de talent. Le groupe est présentement en tournée européenne. Peut-on espérer une visite de ce côté-ci de l’Atlantique bientôt? On irait bien les voir!

Wolf Gang « Suego Faults » (Atlantic)

On donne :

(8/10)

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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